Cher Dieu,
Merci d'être venu.
T'as choisi pile ton moment parce que j'allais pas bien. Quand je me suis réveille, j'ai songé que j'avais quatre-vingt-dix ans et j'ai tourné la tête vers la fênetre pour regarder la neige.Et là, j'ai deviné que tu venais. C'était le matin. j'était seul sur la Terre. Il était tellement tôt que les oiseaux dormaient encore, que même l'infirmière de nuit Madame Ducru, avait dû piquer un roupillon, et toi tu essayais de fabriquer l'aube. Tu avais du mal mais tu insistais. Le ciel pâlissait. Tu gonflais les airs de blanc, de gris, de bleu, tu repoussais la nuit, tu ravivais le monde. Tu n'arrêtais pas. C'est là que j'ai compris la différence entre toi et nous : tu es le mec infatigable ! Celui qui ne se lasse oas. Toujours au travail. Et voila du jour ! Et voila de la nuit ! Et voila le printemps ! Et voila l'hiver ! Et voila Peggy Blue ! Et voila Oscar ! Et voila Mamie-Rose ! Quelle santé ! J'ai compris que tu était là. que tu me disais ton secret : regarde chaque jour le monde comme si c'était la première fois. Alors j'ai suivi ton conseil et je me suis appliqué. La première fois. Je comtemplais la lumière, les couleurs, les arbres, les oiseaux, les anilaux. Je sentais l'air passer dans me snarines et me faire respirer. J'entendais les voix qui montaient dans le couloir comme dans la voûte d'uen cathédrale. Je me trouvais vivant. Je frissonnas de pure joie.
Le bonheur d'exister.
J'était émerveillé !
Merci, Dieu, d'avoir fait ça pour moi.
J'avais l'impression que tu me prennais par
la main et que tu m'emmenais au coeur
du mystère contempler le mystère. Merci.
A demain, bisous,
Oscar.
[ extrait de : Oscar et la Dame rOse ]